Ce titre a été retiré du catalogue

La fin d'un monde

Par 2 mai 2017 à 16:21

Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, l'histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur.

Best-seller paru en 1958 et diffusé à 10 millions d’exemplaires, « Tout s’effondre » (en référence à un poème de W. B. Yeats, http://bit.ly/2pTdZNl) fait certainement partie de ces chefs d’œuvre méconnus de la littérature mondiale, tout au moins auprès des occidentaux.

Chinua Achebe (1930-2013) nous décrit la vie dans un village ibo du Nigéria jusqu’à l’arrivée des blancs qui va tout bouleverser.

La force de ce texte tient d’abord à la modestie de sa forme : une fable qui nous mène au cœur des croyances de ce peuple (parfois cruel, nul angélisme ici) et qui constitue la plus grande partie du livre. Nous y suivons Okonkwo, héros et père, impulsif, parfois brutal, respectueux des traditions jusqu’à l’excès. Puis, sans que personne ne s’en rende compte, tout à coup, les blancs sont là. Au départ moqués, on les ignore, aussi inoffensifs que l’idiot du village ; on leur cède un terrain maudit pour édifier leur église, ne leur donnant pas trois jours avant de fuir à toutes jambes. Mais, rien ne se passe comme prévu, et, tout s’effondre…

Par petites touches, Chinua Achebe nous décrit la subversion de la modernité contre la rigidité des traditions, la revanche des exclus, la substitution des superstitions animistes par la foi chrétienne, et finalement, la victoire de l’impérialisme occidental.

Un livre aux thématiques universelles, plus que jamais d’actualité.