Un conte à dormir enfermé

Par 25 octobre 2019 à 18:00

« Mais il est trop tard pour invoquer, prier, souhaiter, pour laisser à d’autres le soin de changer sa propre vie. Il s’agit en ce jour d’hiver, ce jour où le givre a grignoté le jardin jusqu’à en faire un terrain blanc et hérissé, il s’agit pour ces trois-là d’aller au devant d’eux mêmes, de s’extirper, sans aide, de leur prison intérieure. »

Eliette était une petite princesse, une poupée que ses parents étaient fiers d’exhiber. Paloma, colombe muette, fuit la brutalité d’une famille sans mots, sans corps, sans tendresse, d’une maison peuplée de fantômes. Loup est un garçon tourmenté, qui fait résonner les mots dans le silence ou le fracas des autres, enfermé dans ses peurs et dans une cellule d’un quartier mineurs. Mère, fille et fils portent le poids d’une éducation qui les conduit à passer à côté de leurs vies et de leurs sentiments. Mais est-il vraiment trop tard ?

Nathacha Appanah, dans ce dixième roman, écrit une histoire à la fois oppressante et lumineuse. Les personnages fascinent par leur obstination, leur étrangeté, la douleur qui les rassemble. L’écriture est précise, simple, fluide. Elle nous invite à voir, à ressentir, à éprouver ce que traversent les personnages.

Un récit de renaissances à la fois animal et poétique. Une saga familiale puissante en 125 pages seulement.