Comment accepter cette idée qu’on ne reverra plus jamais sa mère ?

Par 25 octobre 2019 à 18:20

« L’enterrement prend fin, vingt minutes en tout et pour tout, dans un silence presque absolu, il n’y a pas eu de discours, ni de poèmes –tu as juré que tu te lèverais de ton cercueil et que tu nous poursuivrais toute l’éternité si nous laissions un de tes amis poètes réciter quoi que ce soit-, ni prières, ni fleurs, ni musique. »

Dans un style plutôt cru, Milena Busquets expérimente sous nos yeux de lecteur parfois ému, parfois enjoué, l’épreuve du deuil. C’est au travers de la vie dans toute son ampleur, qu’elle décrit plutôt bien, le long chaos des expériences humaines. La relation parfois fantasque d’une mère et sa fille est ici le cœur du récit. Mais tout autour c’est la relation aux hommes qui bat son plein, aux hommes et au sexe en particulier. Comme moyen de guérison, d’être en vie, dans la vie.

Un peu comme les saisons, c’est un roman teinté d’émotions multiples : léger comme l’été, qui réchauffe au cœur de l’automne, malgré le sujet froid comme un hiver et qui laisse l’espoir du retour à la douceur, comme un printemps.

Ecrire légèrement sur des sujets aussi durs, difficile pour un auteur, pourtant Milena Busquets, réussit l’exercice avec brio et nous laisse imaginer que pour nous autres humains, « ça aussi, ça passera. »