Père et fils

Par 29 octobre 2019 à 11:49

« Je joue avec beaucoup de genres littéraires différents que je rassemble sous le terme de roman, parce qu’il n’y en a pas d’autre, même si c’est sans fiction et non sans invention. » Patrick Deville, août 2019 (Par les temps qui courent, France Culture)

Patrick Deville et son fils Pierre remontent l’Amazone. C’est l’occasion pour cet auteur à la curiosité et à l’érudition aussi cosmopolite qu’espiègle de convoquer dans cette géographie assez dingue toute une kyrielle de figures et de lieux dont on pourrait presque douter de leur réalité tant ils nous renvoient à une vraie fantasmagorie : de Bélem aux Galapagos, en passant par Manaus et Guayaquil, nous croisons Aguirre, Humbolt, Darwin et même Werner Herzog.

Cette sorte de cosmogonie du sous-continent latino-américain, doublée d’une très belle évocation de la filiation, ne serait qu’un livre de plus sans l’œil badin et lucide de l’auteur de « Peste et Choléra » et « Taba-Taba ». On y retrouve le Jean Rolin de « Crac » ou encore l’esprit du Hugo Pratt de « Sous le signe du Capricorne » et de « Mû ».

Cerise sur le gâteau : c’est très bien écrit.