Retour à l’essentiel

Par 4 novembre 2019 à 11:53

"Dans le noir, je me suis vue verser le poison, le mélanger aux boulettes de bœuf. Déposer la gamelle devant la porte du jardin. Attendre l’heure du gros rouquin… Je me suis vue le descendre à la cave afin qu’il y agonise discrètement, puis faire ce que tu avais prévu avec son cadavre. Parce qu’il ne s’agissait pas seulement de tuer le chat. Il s’agissait de signer notre triomphe, notre accession à la propriété privée."

Après "Sigma", son précédent livre qui jouait avec les codes du roman d’espionnage, Julia Deck fait de même dans "Propriété privée" avec ceux du polar. Eva et son mari fuient Paris, le bruit, la pollution, pour les abords de la ville où « se tramaient des éco-quartiers ». Et surtout, ils veulent devenir propriétaires. Mais leur rêve de vie idyllique tourne vite au cauchemar. Ici, pas d’intimité, chacun épie l’autre ; certains voisins sont sans-gêne et beaucoup cachent une double vie. Sans compter le gros rouquin qui rôde partout.

Julia Deck dépeint une comédie sociale qui interroge la vie en promiscuité, le couple et la conception que chacun a du bonheur. A travers ses personnages qui rêvent d’accession à la propriété, de retour à la nature et qui vont aller de désillusion en désillusion, elle s’attaque à ces thèmes si actuels du « bien vivre ensemble », de l’ « éco-responsabilité », et le fait avec un humour pince-sans-rire qui fait mouche.