Reconstruction

Par 4 novembre 2019 à 18:12

"- Elle détestait les photos. Détestait que je les prenne. Détestait les regarder. - Midge en a besoin... - Ça la mettait mal à l'aise, poursuit Taz, la voix aussi tranchante que le verre du cadre. "Elles ne servent qu'une fois que tu es mort. Pour que tout le monde se rappelle à quel point t'étais cool." Voilà ce qu'elle disait. "

Taz et Marnie s’aiment comme il faut et plutôt bien : ils retapent leur maison, ils sont beaux, ils sont jeunes, plutôt drôles et un peu fauchés. N’empêche : ils décident d’avoir un enfant. Marnie ne survivra pas à l’accouchement. Cela arrive. Et c’est indicible.

Taz se retrouve à élever seul la petite. C’est un cataclysme. A la croisée d’un deuil impossible et des nuits blanches qui s’enchaînent, la vie devient un maelström de fatigue et d’ahurissement. La vie devient survie. Mais autour de Taz, les amis inquiets veillent.

Un feel-good book, comme son nom l’indique, doit faire du bien à son lecteur. Je ne suis pas certain que cela soit le but premier de la littérature, mais ce n’est pas le sujet ici. Et le dernier Pete Fromm respecte le cahier des charges à la lettre : épreuve à surmonter, sens à la vie, l’amitié plus forte que tout, la famille aussi un peu. Et la lumière à l’horizon, avec son lot de nouvelles certitudes sur le lien, l’amour, l’intergénérationnel, les jolies baby-sitters et j’en passe. J’ironise un peu mais pas trop, promis. « La vie en chantier » tient largement la route et chacun pourra y trouver un réel plaisir. Comme beaucoup, j’ai découvert Pete Fromm dans son excellent récit initiatique « Indian Creek ». Le retrouver avec cette « vie en chantier » m’a permis de passer un très bon moment