Poésie de combat

Par 20 février 2020 à 15:49

« rodin carrément ses dessins dits érotiques c’est des tue-l’amour pourquoi le-On ne les appelle pas obsessions pornographiques je n’ai vu quasi que des jambes de femmes grandes écartées pourquoi le-On continue de nous tromper Nous avons nos yeux »

C’est un tout petit livre, un pamphlet poétique pour dire des choses qui ne sont pas dites, pour remettre en plein milieu de la pièce des cochonneries de l’Histoire qu’on a glissées sous le tapis, un genre de Festen littéraire. Il y en a qui gâchent toujours tout penseront les tenanciers de l’ordre bourgeois, de la sauvegarde des apparences, de la bonne marche des affaires, qui aiment remuer la m… au lieu d’admirer les beaux tableaux et les belles sculptures qu’on leur a mis dans des musées.

Rodin et monet, ronin et modet, ronet et modin, Corinne Lovera Vitali malaxe la syntaxe et descend de leur piédestal ces « cons sacrés de la fronce », un pays qui aime tant les célébrations et la pompe solennelle qu’il a fait de 2017 l’année Rodin dans laquelle Monet a été trempé. C’est qu’ils avaient plus d’un point commun ces deux grands hommes artistes français du 19ème siècle. En plus d’être barbus tous les deux, avec un gros bidon ils ont eu chacun une Camille avec qui ils ne se sont pas bien comportés. Ils ont aussi eu des enfants morts après des avortements crasseux et des vivants dont ils ne se sont pas occupés ! Alors clv balance, ne leur flatte pas la panse, elle appelle faire ça faire gala : « gala fait ce que les commémorants ne font pas, gala est l’autre wikipédia, gala vient combler ce que les anniversaires tricolores ne disent pas ».

Mais clv ne fait pas que balancer, elle contrebalance, remet sur le tapis et les photographies des figures féminines oblitérées, des connues et des inconnues, des artistes et des ménagères, des marguerite et des camille, des résistantes et des suicidées.

C’est un tout petit livre ce livre de Corinne Lovera Vitali mais on l’a bien compris ce n’est pas la taille qui fait la grandeur.