D'une morsure d'ours naît un récit anthropologique aux confins de la magie

Par 12 mars 2020 à 15:24

J'ai perdu ma place, je cherche un entre-deux. Un lieu où me reconstituer. Ce retrait-là doit aider l'âme à se relever. Parce qu’il faudra bien les construire, ces ponts et portes entre les mondes ; parce que renoncer ne fera jamais partie de mon lexique intérieur.

Un récit autobiographique percutant, raconté par une anthropologue spécialiste des peuples arctiques, d’origine iséroise.

Dès les premières pages nous plongeons dans la gueule de l’ours avec l’héroïne, au visage défiguré par une morsure, qu’elle appelle aussi « le baiser de l’ours ». Le langage est soutenu, le récit poétique et philosophique : l’auteure interroge les liens entre monde animal et monde humain, met en avant la porosité des définitions.

Son expérience sibérienne bouleversante prend des accents chamaniques, et l’on assiste à une forme de re-naissance, tandis que son corps malmené cherche des soins d’un hôpital à l’autre (y compris au C.H.U. de Grenoble...).

Le récit hypnotique d’une sorte de guerrière qui donne du sens à son expérience violente et cherche l’apaisement.