Naissance de Dracula

Par 14 avril 2020 à 17:01

« Je pense que la vie sans imagination serait un enfer sans fin. »

Londres, 1878. Abraham Stoker, critique de théâtre irlandais, écrit des histoires de fantômes pour les magazines, en rêvant d’être publié. En attendant, il administre le Lyceum , un théâtre que vient de racheter Henry Irving, grand acteur de l’époque. Avec Ellen Terry, elle aussi actrice adulée, ils essayent, tant bien que mal, de maintenir le théâtre à flot.

Ils vont devenir inséparables, liés par une relation intense et fusionnelle. Charismatique, Irving est imbu de lui-même, autoritaire et colérique. A l’opposé, Stoker est discret et pragmatique ; l’intendant idéal. Mais sous son apparente raideur, se cachent les affres de la création. C’est dans le grenier du théâtre, que l’on dit hanté, qu’il va passer dix ans à écrire Dracula, en cachette. Le roman ne connaîtra le succès qu’après sa mort, pour devenir le classique que l’on sait. Quant à Ellen, elle apporte de la légèreté au trio. Résistant mieux à la personnalité écrasante d’Irving, elle encourage Stoker dans ses projets alors qu’Irving méprise ses velléités d’écrivain. Le bal des ombres raconte la genèse de Dracula et nous fait découvrir son auteur méconnu. Il nous immerge aussi dans la société londonienne de la fin du XIXe et début XXe : affaire Oscar Wilde, Jack l’éventreur, les suffragettes, les débuts du cinéma. C’est aussi une plongée dans l’univers théâtrale de l’époque.

Le bal de l’ombre est le 17e roman de l’Irlandais Joseph O’Connor. Auteur de nouvelles, de romans noirs et de romans historiques, il évoquait déjà dans Muse, en 2011, les milieux du théâtre en donnant chair à Maire O’Neill, fiancée du dramaturge John Synge. Son précédent roman, Maintenant ou jamais (2016), était une épopée musicale où l’on trouvait déjà des personnalités riches, la camaraderie, la loyauté et la passion pour la création.

Le bal des ombres nous entraîne dans le sillage de ses personnages fantasques, dans un récit historique très romanesque, foisonnant, qui rend hommage à la création et fait revivre l’ambiance de Londres à l’époque victorienne.