Entre beauté, révolte et passion

Par 17 avril 2020 à 12:33

"- J’ai pas envie de sortir avec une fille. C’est pas du tout ça, vous ne comprenez pas. C’est elle. Je l’aime et je suis certain qu’elle pourrait m’aimer. Je reviendrai s’il le faut chaque année… je sais que c’est elle. C’est l’amour de ma vie . Vincent change de rangée. S’accroupissant cette fois derrière les pieds de tomates. - Dans ce cas, disparais. - Quoi ? Je ne comprends pas. Le jardinier se releva et se rapprocha de lui d’un air paternaliste. - Il y a une palombière à cinq kilomètres d’ici. C’est sur les terres du domaine. Tu y seras tranquille. Pars camper quelques jours là-bas. - Mais pourquoi ? - Parce que je connais la gamine. Elle aime ce qui lui échappe, lui résiste, la déstabilise. Et toi, là-bas, tu seras chez toi, dans ton élément. C’est ta seule chance à mon avis de faire vraiment connaissance avec elle . Pour le reste..."

Gabriel, 16 ans, fou d’ornithologie accompagne sa mère embauchée pour l’été comme employée de maison. Dès les premiers jours il se sent mal à l’aise malgré la relation de complicité qu’il noue avec Vincent le jardinier, malgré la proximité des marais et des oiseaux. Lorsque la génération ado de cette famille de la haute bourgeoisie française débarque pour les quinze traditionnels jours de vacances avec leurs grands-parents, l’amoureux de la nature se trouve confronté à une toute autre passion. : Elénore.

La plume de Jo Witek entraîne le lecteur dans un univers étrange à l’ambiance d’autant plus lourde que Gabriel observe et analyse les comportements des habitants du Domaine avec la rigueur de l’ornithologue. Les relations entre adultes, le poids des différences sociales et les réactions des « gosses de riches », tout est passé au crible des sentiments d’Adrien qui s’exaltent page après page, en même temps que le suspense s’intensifie.

Le dénouement éclaire ce roman et laisse un malaise à la saveur de l’adolescence.