Fragiles équilibres

Par 27 avril 2020 à 10:45

« C’est agréable de savoir qu’il existe dans le monde quelque chose qui n’est pas dénaturé. Quelque chose qu’on ne peut ni acheter ni couper en morceaux pour que quelqu’un en tire de l’argent. »

Majestueuse, la Tamassee coule à travers la Caroline du Sud. Mais elle peut aussi emporter ceux qui s’y risquent. C’est ce qui est arrivé à Ruth, 12 ans, de passage dans le comté d’Oconee . Son corps, emprisonné sous des rochers inaccessibles, n’a pu être récupéré. Ses parents embauchent un constructeur de barrages amovibles afin de détourner provisoirement le cours de la rivière. Une solution qui provoque la polémique entre ceux qui, attachés à la Tamassee, dernier cours d’eau libre de l’État protégé par la loi, craignent un précédent, et ceux qui l’exploitent. Mais que peuvent peser ces enjeux, qu’ils soient écologiques ou économiques, devant la perte d’un enfant ?

Maggie, la narratrice, est née ici mais a quitté ces lieux et cette communauté auxquels elle reste, malgré tout, viscéralement liée. Photographe de presse elle y revient avec un collègue pour couvrir ce conflit. Elle qui connaît bien la communauté, pressent que ce drame personnel va mettre en péril bien des équilibres fragiles. C’est aussi pour elle l’occasion de renouer avec son père, et de revoir Luke, écologiste intransigeant, qu’elle aimait d’un amour impossible et avec qui, autrefois, elle explorait la rivière.

Ron Rash est romancier, poète et nouvelliste. Le chant de la Tamassee est son deuxième roman, publié en France après les succès, notamment, d’Un pied au paradis, Une terre d’ombre (Grand prix de littérature policière étrangère 2014).
Natif de Caroline du Sud, il explore dans ses romans les ravages causés à l’environnement et la dégradation des relations humaines. Si la nature est au centre de ses histoires, il sait donner de la densité à ses personnages grâce à l’acuité du regard qu’il porte sur eux.

Hymne à la nature, Le chant de la Tamassee tisse, autour d’un fait divers tragique, d’autres histoires plus personnelles, que ce drame vient mettre en abîme, et oppose deux conceptions du monde et de leur rapport à la nature.