Ces regards qu’il nous dérobe !

Par 27 avril 2020 à 14:12

"Aix le tenterait bien. Marseille l'effraie, trop grand. Mais Aix, pourquoi pas. Le fils du boulanger me tend la commande. Je paie et reconnais dans ses yeux, lorsqu'il me rend la monnaie, une mélancolie qui n'a pas dit son dernier mot."

A l'affût, tel un chasseur, Arnaud Cathrine guette, traque les héros de ce recueil de nouvelles qu'il aura construit sur un carnet de notes, au hasard de ses voyages en train, ou bien allongé sur le sable chaud d'une plage d'Aquitaine ou assis à la terrasse d'un café, d'un restaurant ou bien encore, dans son immeuble - que connaît-on de ses voisins ? - .

Son regard capte un infime détail, saisit une bribe de conversation, s'attache à une attitude, une posture, une respiration et il s'introduit dans l’existence sa victime – il se décrit lui-même, comme un voleur ! - . Il invente alors passé ou futur à ce moment volé, jusqu'à nous conduire à la certitude que cette vie sur papier est bien la réalité du jour. Et quand Arnaud Cathrine observe, mêlant à ses propres souvenirs, des impressions et ses fantasmes, nous plongeons avec lui, cœur et corps confondus, dans le regard muet de parfaits inconnus pour d'indiscrètes tranches de vie.

Un recueil de nouvelles actuelles et d'incises dans l'observation du temps qui passe.