"Un roman total" comme l'avait souhaité son autrice

Par 27 avril 2020 à 14:27

"A chaque moment du temps, à côté de ce que les gens considèrent comme naturel de faire et de dire, à côté de ce qu'il est prescrit de penser, autant par les livres, les affiches dans le métro que par les histoires drôles, il y a toutes les choses sur lesquelles la société fait silence et ne sait pas qu'elle le fait, vouant au mal-être solitaire ceux et celles qui ressentent ces choses sans pouvoir les nommer. Silence qui est brisé un jour brusquement, ou petit à petit, et des mots jaillissent sur les choses, enfin reconnues, tandis que se reforment, au-dessous, d'autres silences."

Histoire personnelle et histoire collective marchent main dans la main dans ce roman total. Défilent des modes, des hommes politiques, des mœurs, alors que l’héroïne devient mère, amante, professeure, écrivaine…

Le ton impersonnel révèle une histoire intimiste, celle d’une femme issue d’un milieu populaire et accédant à une éducation et à un statut bourgeois. La grande Histoire se déroule de façon presque anecdotique, avec des dates, des chansons, des notes, des photos, des affiches… et l’autobiographie, sans être autocentrée, s’écrit avec un « on », qui est à la fois le je et le monde. La forme, très travaillée, prend des libertés avec la ponctuation.

Un regard précieux sur plusieurs décennies, de la France d'après-guerre jusqu'aux années 2000… qui se termine avec quelques paragraphes trop didactiques, comme si la prof de français avait rattrapé la grande autrice !