Coup de coeur

Par 2 juin 2020 à 16:33

« Le sud du Kent, jardin de l’Angleterre, avec ses vergers et ses houblonnières, était d’ordinaire la région la plus ensoleillée du royaume; aujourd’hui, Maggie voyait le ciel d’un gris ferreux s’abattre sur elle, comme un couvercle sur un faitout. Un vent loyal à son ascendance la repoussait à chaque pas vers les falaises d’argile qui tombaient tout droit dans la Manche. Deux pas en avant, un pas en arrière. Son horizon rétrécissait. Maggie Fuller, piètre descendante d’Augusta et Elizabeth O’Neill, avait vingt-six ans depuis deux jours, elle était en pleine santé, beaucoup plus robuste que ses chevilles et ses poignets fins ne le laissaient penser, et elle avait l’esprit vif – parfois incisif. Mais, devant cette porte en bois massif ornée des armoiries bêcheuses des Lyon-Thorpe – un lion, qui l’eût cru? ironisa-t-elle in petto –, elle ne s’était jamais sentie aussi proche de sa propre mort. »

Angleterre, avril 1946. Aujourd'hui, Maggie Fuller, jeune veuve au fort caractère, petite-fille d'une féministe, entre au service des très riches Lyon-Thorpe. Elle qui rêvait de partir en Amérique et de devenir médecin va s'installer dans une chambre de bonne. On s’installe sans problème dans cette ambiance très british et on est très vite emporté par l'histoire de Maggie Fuller au caractère bien trempé.

C'est une belle découverte, l'écriture est très agréable et l'auteur a su raconter une belle histoire d'amour comme on en rêve tous sans tomber dans la niaiserie.