Si j'étais un garçon

Par 2 juin 2020 à 16:52

"Mais ils étaient désespérément, injustement, incompréhensiblement plus forts que nous. Ils riaient, nous attrapaient les mains et se moquaient de nos petits points serrés. Eux seuls avaient le droit de décider quand le jeu s'arrêterait. Je ne supportais pas ça. Je les détestais. J'aurais pu accepter n'importe quoi, n'importe quelle humiliation pour ne pas avoir à subir ces signaux ambigus dirigés contre nous, contre les filles. Les répliques mielleuses, les mains qui malgré tout étaient chaudes contre nos corps, les sourires obliques qui malgré tout nous déstabilisaient. Et tout de suite après, le rejet, les crachats, le dégoût, les preuves de notre insignifiance."

Kim, Momo et Bella forment un trio soudé contre les moqueries et les comportements des garçons du collège. Bella est passionnée de botanique et en recevant un colis de graines elle trouve une plante qu'elle n'a pas commandée et dont elle ignore tout. Un soir les trois amies en goûtent le nectar et tout bascule : elles se retrouvent pour quelques heures dans le corps de garçons. Tout d'abord terrifiées, elles prennent ensuite goût à ce nouveau corps et aux possibilités qu'il leur offre : quand on est un garçon, on ne se fait pas dévisager, on peut marcher sans craindre des réflexions, des gestes ou des paroles obscènes. L'une d'elles en deviendra accro et mettra en péril l'équilibre du trio.

Un roman qui aborde la puberté, l'adolescence, cette période où l'on se cherche et où l'on peine à comprendre les autres et soi-même. Les héroïnes ne veulent pas grandir, cela les terrifie (passage très fort où Kim découvre qu'elle a ses règles et se rue dans la serre de Bella pour prélever le nectar de la fleur et devenir un garçon, pour quelques heures ne plus sentir son corps qui grandit et qui la dégoûte).

Il parle également des relations difficiles entre filles et garçons, du pouvoir que ces derniers exercent sur les filles, considérées comme des jouets. Certains passages sont violents.

Une histoire qui met l'accent sur le rapport au corps (le sien et celui des autres) et qui soulève cette question que beaucoup de filles se posent (ou se sont posée) : c'est comment d'être un garçon ?