Palerme, entre violence et poésie

Par 8 juin 2020 à 17:59

« Au Borgo Vecchio, tout le monde savait que Cristofaro pleurait chaque soir la bière de son père. Après le dîner, assis devant la télévision, les voisins entendaient les hurlements qui couvraient tous les bruits du Quartier. Ils baissaient le volume et écoutaient. Selon les cris, ils pouvaient deviner où il le frappait, à coups de poings secs, précis. A coup de pied aussi, jamais au visage. Le père de Cristofaro tenait à l’honneur de son fils : personne ne devait voir l’outrage des bleus. »

Borgo Vecchio, quartier populaire de Palerme, Sicile. Borgo Vecchio c’est d’abord les deux gamins inséparables : Mimmo, le fils du boucher, et Cristofaro, dont les cris de douleur envahissent tous les soirs le quartier sous les coups alcoolisés de son père. C’est ensuite Céleste, la jeune fille dont est secrètement amoureux Mimmo. Céleste qui passe ses journées sur le balcon en attendant que sa mère Carmela, prostituée, ait terminé de recevoir ses clients habitués du quartier ou marins de passages. C’est enfin Totò, qui aimerait bien épouser Carmela. Totò, le pickpocket insaisissable après lequel court toute la police de la ville, cache une arme dans sa chaussette. Une arme que Mimmo aimerait bien récupérer pour sauver son copain Cristofaro d’une mort certaine.

Dans ce roman Giosuè Calaciura va éveiller tous vos sens : de la chaleur de la ville, aux bruits des cris et des coups en passant par l’odeur du pain qui anesthésient tout le quartier.

Giosuè Calaciura, écrivain et journaliste Palermitain, remporte avec « Borgo Vecchio » le Prix Marco Polo de Venise en 2019 et est finaliste du Prix Femina étranger.

Un petit roman dur et beau comme la vie.