Notre terre est partout ou nulle part.

Par 6 août 2020 à 17:41

Roosevelt a dit : « je n’irais pas jusqu’à penser qu’un bon Indien est un Indien mort, mais je le crois de neuf Indiens sur dix, et je ne suis guère porté à me pencher de trop près sur le cas du dixième ».

Tommy Orange descend de la tribu des Cheyennes, par son père. Il est né en 1982 et a grandi à Oakland, dans la baie de San Francisco, en Californie. Son roman se déroule sur ce même territoire, urbain. Les douze personnages du roman (à ne pas mélanger...) ont tous un lien singulier avec cette ville et ils sont tous Indiens ou métis. Chacun charrie, à sa façon, l’histoire douloureuse faite à leurs ancêtres et chacun d’eux, pour des motifs différents, souhaite se rendre au Grand Pow-Wow d’Oakland, manifestation festive qui est l’occasion pour les Amérindiens de faire vivre leur héritage culturel.

L’auteur offre des portraits contemporains de cette population acculturée, précaire, qui reste, encore souvent, représentée dans des versions caricaturales. Chaque chapitre constitue comme une pièce d’un puzzle dont on ignorerait tout du rendu final.

Personnellement, j’ai été captivée, tenue, tout au long du livre, par l’espoir d’une issue favorable. Tommy Orange a choisi un sujet âpre mais j'ai lu son livre comme un polar.